Cuivre : les plus grandes mines au monde en suspension

Depuis 2014, le cuivre a été délaissé par les investisseurs au profit des autres métaux précieux. Son marché est en déclin dû à la faiblesse de production. Aujourd’hui encore, sa situation ne va pas en s’améliorant, car les tensions entre les mineurs d’Escondida et de l’entreprise anglo-australien BHP Billition ne sont pas prêtes de s’estomper. Cela ne fait que commencer, au risque de perturber le marché mondial du métal rouge.

Rappelons que l’Escondida est la plus grande mine de cuivre au monde, située à Antofagasta dans le nord du Chili et produit près de 927.000 tonnes de cuivre par an. Or, les travailleurs ont cessé leur activité, et ont entamé une grève depuis ce mardi 9 février. Les quelques 2500 salariés demandent des hausses de salaire, car ils n’ont pas obtenu le bonus qu’ils réclamaient.

La mine d’Escondida à l’arrêt

Après plusieurs semaines de négociations avec l’actionnaire principal, le Syndicat des travailleurs d’Escondida estime qu’il est temps d’agir. « L’entreprise maintient une position inflexible » déplore leur porte-parôle. Cela dit que la médiation de la direction de travail n’a pas été concluante.

« Ça va être dur. Nous sommes disposés à résister le temps qui sera nécessaire » rajoute-t-il. Le temps de cette grève illimitée, les grévistes ont mis place un campement provisoire à l’extérieur de la mine. Ils ont également constitué un fonds de soutien de 250 millions de pesos, environ dans les 360.000 euros.

En raison de cette grève générale, le propriétaire Australien BHP Billiton se voit obliger de suspendre la production, du moins pour les quinze premiers jours. Le groupe appelle à ce que les actes de « violences » soient évités. Toutefois, il refuse de céder aux exigences des employés. Ces derniers réclament une augmentation de salaire de 7% et un bonus de 25 millions de pesos chacun. La direction en a proposé 8 millions sans augmentation de salaire, ce qui a conduit à cette grève.

Grève en Indonésie à Grasberg

Après la mine d’Escondida en Chili, la deuxième plus grande mine de cuivre est celle de Grasberg dans la partie indonésienne de l’île de Papouasie, dirigée par l’Américain Freeport McMoRan. Cette entreprise exploitante n’aurait plus sa licence d’exportation depuis le 12 janvier 2017. Un blocage qui incite les groupes miniers à raffiner la production sur place. Or, Freeport est la seule usine de raffinage sur le sol indonésien dont les miniers sont aussi en grève. 5% de la production mondiale sera immobilisée en conséquence, de quoi menacer le marché du cuivre.

Début 2016, la chute des cours a entrainé la réduction des bonus des salariés, ainsi que le licenciement d’une trentaine d’employés. Cette fois, les observateurs se montrent plutôt optimistes estimant que les grèves dans ces deux mines géantes sont susceptibles de conduire les prix à la hausse. Pourtant, le cuivre coûte aujourd’hui un peu plus cher qu’en août 2016 à cause de l’effet Trump et du regain chinois sur les métaux. Pour l’heure, il reste encore des stocks sur le marché mondial, mais si la grève à la mine chilienne d’Escondida persiste, les réserves seront épuisées et vont faire remonter davantage les prix.