Les métaux des Smartphones sont récupérés puis recyclés, découvrez comment

Beaucoup ne le savent peut-être pas, mais les Smartphones contiennent des métaux souvent rares et précieux : cuivre, or, argent… En fin de vie des téléphones mobiles, il est tout à fait possible de récupérer ces métaux afin de les réutiliser ensuite.

En France, c’est Morphosis qui se charge de cette tâche. Il s’agit de la première entreprise entièrement dédiée au recyclage des déchets électriques et électroniques dans tout l’hexagone. Mais comment s’y prend-elle ?

Recycler pour préserver les gisements

Les métaux utilisés dans la fabrication des Smartphones ne sont pas inépuisables. Certains commencent même à se faire rare, tels que l’argent qui traverse actuellement une légère baisse de production. Voilà pourquoi tant que c’est possible, il faut récupérer les métaux présents dans les mobiles usagés.

Le recyclage se présente comme une solution non seulement économique, mais aussi écologique. D’autant plus que ce ne sont pas les téléphones portables usagés qui manquent. Rien qu’en France par exemple, on en dénombre plus de cent millions qui attendent d’être récupérés et recyclés. Les foyers sont d’ailleurs invités à envoyer leurs Smartphones usagés au recyclage.

Une seconde vie pour les métaux des Smartphones

Grâce au recyclage, les métaux extraits des Smartphones usagés ont droit à une seconde vie. Serge Kimbel, le directeur général de Morphosis, explique que le système de récupération consiste à les transformer en sel. C’est sous cette forme qu’ils vont ensuite servir à la fabrication d’autres objets.

M. Kimbel à révélé que les principaux commanditaires de Morphosis étaient les entreprises et les usines françaises qui œuvrent dans l’industrie du solaire, des contacteurs ou encore des batteries. Pour la récupération des téléphones usagés, la PME havraise travaille en collaboration avec Orange.

vieux téléphones usagés

Comment se déroule le processus de recyclage ?

Les portables sont livrés directement désossés, c’est-à-dire sans leurs coques plastiques. Il n’y a donc que les composants électroniques qui sont traités dans les usines de Morphosis. Les composants seront d’abord pesés puis enregistrés avant de passer au recyclage proprement dit.

Il faut savoir que les métaux précieux se trouvent principalement dans les cartes électroniques des téléphones. Pour les récupérer, les cartes passeront par plusieurs étapes de recyclage.

  • Elles subissent d’abord une pyrolyse pour éliminer les parties organiques encore présentes,
  • Les cartes sont ensuite broyées afin d’obtenir une poudre noire qui contient les métaux précieux,
  • Cette poudre est ensuite fondue à une température de 900 °C puis transformée en plaques,
  • Les plaques subissent un traitement chimique et électrochimique,
  • Elles sont ensuite plongées dans divers bains, et suivent également un traitement par électrolyse.

cartes électroniques usagées

Cela va permettre de séparer et récupérer les différents métaux présents dans les plaques. Mais avant d’être envoyés aux industriels, les métaux récupérés seront d’abord testés une dernière fois. Le but est de vérifier si leur pureté est bien supérieure à 99,9 %.

Une PME bien organisée

Pour assurer le bon déroulement de chaque étape de recyclage, Morphosis a mis en place une organisation parfaitement stricte. La PME compte une cinquantaine de salariés répartis sur deux sites situés non loin du port du Havre. Le premier site accueille les tests et les triages, tandis que second sert à la récupération des métaux contenus dans les Smartphones.

A savoir que c’est plus d’une quarantaine de métaux qui sont récupérés dans chaque mobile usagé : du cuivre surtout, mais aussi de l’argent, du palladium, du cobalt, de l’étain, du tungstène, du platine, parfois aussi de l’or mais seulement en petite quantité.

récupérer métaux usagés dans composants électroniques

A noter qu’avant de passer au recyclage, Morphosis commence par analyser des échantillons des déchets. Le but est de déterminer avec précision les quantités de métaux à extraire. Cela permettra également de trancher sur la méthode de recyclage idéale pour assurer la productivité de l’opération, mais aussi pour que celle-ci ne soit pas trop polluante.